Objectifs
- Avoir une vision d’ensemble du pilier 2 de Bâle III et de ses impacts.
- Acquérir un niveau d’expertise permettant de manipuler aisément dans son activité opérationnelle les concepts d’ICAAP et d’ILAAP, de revue prudentielle par le superviseur, de risques traités dans le pilier 2, de stress tests, du dispositif d’appétence aux risques (RAF), des plans de rétablissement bancaires.
- Savoir utiliser les calculs du pilier 2 et notamment les stress tests dans le pilotage de l’établissement.
Animateur(s)
Henri JACOB
- Comptabilité, contrôle de gestion et fiscalité.
- Gouvernance.
- Risk Management et règlementation Bâloise.
- Marchés, produits et services financiers.
Programme
1INTRODUCTION
Les questions fondamentales de la gestion des risques en banque.
Les trois piliers de la réglementation bâloise.
La réponse bâloise aux objectifs de gestion des risques.
Cas pratique 1 – « La banque qui respecte tous ses ratios…mais qui inquiète le superviseur ».
Objectif : comprendre pourquoi le Pilier 1 ne suffit pas.
Contexte :
- Banque régionale rentable.
- Tous ratios réglementaires respectés.
- Forte concentration sectorielle.
- Dépendance au refinancement de marché.
- Gouvernance peu formalisée.
Travail demandé :
- Identifier les risques non captés par les ratios.
- Expliquer pourquoi le superviseur déclenche un SREP.
- Classer les risques par pilier.
2FONDS PROPRES, RATIO DE SOLVABILITE, RATIO DE LEVIER
Comprendre l’intérêt des fonds propres et le but de la règlementation bâloise.
Composition des fonds propres : CET1, AT1, Tier 2, ajustements de fonds propres.
Notion de P1R, P2R, Coussins de fonds propres CBR (conservation, contracyclique, systémique, GSIB), P2G, MDA.
Notion de RWA méthode standard et modèle interne.
Notion d’exposition totale.
Les principaux ratios de fonds propres : ratio de solvabilité, ratio de levier.
Lien entre provisions et fonds propres.
Les limites des ratios de fonds propres.
Présentation de l’ICAAP pour pallier aux limites ratios de fonds propres pilier1.
Cas pratique 2 – « CET1 élevé… mais banque fragile ».
Objectif : comprendre les limites du ratio de solvabilité.
Données :
- CET1 élevé.
- RWA faibles (modèle standard).
- Forte croissance du crédit immobilier.
- Faible provisionnement
- Rentabilité sous pression.
Questions :
- Pourquoi ce ratio peut être trompeur ?
- Quels risques ne sont pas couverts ?
- Quel rôle pour P2R / P2G ?
Cas pratique 3 – Empilement des exigences de fonds propres.
Objectif : comprendre le « stacking order ».
Reconstituer :
- CET1 minimum.
- CBR.
- P2R.
- P2G.
- MDA trigger.
Simulation d’une perte.
Identifier le seuil déclenchant les restrictions de dividendes.
3RISQUE DE LIQUIDITE, RATIO LCR, RATIO NSFR
Les objectifs fondamentaux de la gestion de la liquidité.
La transformation bancaire.
Le risque de liquidité.
Le marché interbancaire.
Les actions de la banque centrale.
Origine et effets du risque de liquidité.
Retour sur les grandes faillites bancaires depuis 2008.
Les indicateurs :
- Les indicateurs significatifs de la situation de liquidité.
- Les indicateurs significatifs du positionnement de marché.
- Les indicateurs significatifs des évolutions futures.
Gestion du risque de liquidité :
- Rôle du gestionnaire ALM.
- Coût de financement.
- Liquidité intra journalière.
- Couverture du risque de liquidité.
- Analyse des sources de financements.
- Gestion des suretés.
- Contrôle de l’accès au marché.
Notion de réserves de liquidité, HQLA, Sorties de trésorerie, ressources stables, besoin de financement stable.
Les principaux ratios de liquidité LCR, NSFR.
Métriques de liquidité additionnelles ALMM.
Les limites des ratios de liquidité.
Présentation de l’ILAAP pour pallier aux limites ratios de liquidité pilier1.
Cas pratique 4 – « Une banque liquide… jusqu’au lundi matin ».
Objectif : comprendre la différence entre liquidité comptable et réelle.
Scénario :
- LCR = élevé.
- Retrait massif de dépôts entreprises.
- Hausse des appels de marge.
- Marché interbancaire fermé.
Travail :
- Identifier les flux sortants critiques.
- Calculer l’impact sur le LCR.
- Identifier les failles du pilotage.
Cas pratique 5 – Construction d’un stress de liquidité
Retrait massif des dépôts.
Fermeture marché repo.
Haircut sur collatéral.
Impact sur :
- LCR.
- NSFR.
- Réserves de liquidité.
4REVUE PRUDENTIELLE PAR LE SUPERVISEUR
Définition.
Champ d’application.
La méthodologie de la revue prudentielle par le superviseur :
- Déroulement la revue prudentielle par le superviseur.
- Les 4 domaines d’analyse du profil de risque des banques par les superviseurs : modèle d’activité (viabilité et durabilité du business model), gouvernance interne et gestion des risques, risques pesant sur les fonds propres, risques pesant sur la liquidité.
- Évaluation globale et scores.
- Les décisions des superviseurs : P2R, P2G, P2R-LR, P2G-LR, autres mesures.
- Ordre d’empilement (stacking order) des fonds propres et décisions de superviseurs correspondant à chaque niveau.
- Dialogue avec le superviseur.
Reportings réglémentaires.
Intégration de l’ESG dans les attentes du superviseur.
Cas pratique 6 – « Le rapport du superviseur »
Objectif : comprendre la logique de la revue prudentielle.
Extrait fictif de lettre superviseur à la suite de la revue :
- Faiblesse gouvernance.
- Stress tests insuffisants.
- RAF peu opérationnel.
Travail :
- Identifier les faiblesses.
- Proposer des mesures correctrices.
- Identifier les impacts en P2R.
5L’ICAAP
Objectifs de l’ICAAP.
Structure et gouvernance.
Processus global ICAAP.
Use test.
Attentes du superviseur
Intégration de l’ESG dans l’ICAAP.
Cartographie des risques.
Approche économique.
Approche normative.
Stress tests.
Capital interne.
Allocation de capital.
Projections de capital.
Illustration du processus ICAAP à la Deutsche Bank et Saxo Bank.
Illustration du plan d’un document ICAAP.
Les critères de qualité de l’ICAAP :
- Les critères d’évaluation de l’ICAAP.
- Contenu du dossier ICAAP à collecter par les autorités de supervision.
- Principe de proportionnalité.
- Identification, mesure, suivi et reporting des risques.
Cas pratique 7 – Construction d’un ICAAP simplifié
Travail en sous-groupes.
Identifier les risques matériels.
Choisir approche :
- Normative.
- Économique.
Déterminer capital interne.
Comparer au capital disponible.
Cas pratique 8 – ICAAP et gouvernance
Objectif : comprendre le “use test”
Questions :
- Qui valide ?
- À quelle fréquence ?
- Comment l’ICAAP influence la stratégie ?
- Lien avec budget et plan stratégique ?
6L’ILAAP
Objectifs de l’ILAAP.
Structure et gouvernance.
Cartographie des risques.
Approche économique.
Approche normative.
Stress tests de liquidité.
Liquidité interne.
Allocation de liquidité.
Projections de liquidité.
Les indicateurs d’alerte précoce du risque de liquidité à traiter dans le cadre de l’ILAAP.
Contingency Funding Plan (CFP).
Intégration de l’ESG dans l’ILAAP.
Les critères de qualité de l’ILAAP :
- Les critères d’évaluation de l’ILAAP.
- Contenu du dossier ILAAP à collecter par les autorités de supervision.
- Principe de proportionnalité.
- Identification, mesure, suivi et reporting des risques.
Cas pratique 9 – Construction d’un ILAAP
Objectif : passer du ratio au pilotage réel.
Travail :
- Identifier sources de liquidité.
- Construire un stress interne.
- Définir seuils d’alerte.
- Élaborer un CFP.
- Focus :
- Liquidité intra-journalière.
- Dépendance aux marchés.
- Concentration des dépôts.
7STRESS TESTS
Objectifs.
Les stress tests des régulateurs et superviseurs
Principaux types de stress tests :
- Stress tests historiques.
- Stress tests hypothétiques.
- Stress tests de sensibilité.
- Stress tests inversés (reverse stress tests).
L’essentiel de la méthodologie des stress tests :
- Sévérité des stress tests.
- Granularité.
- Plausibilité des stress tests.
- Gouvernance des stress tests.
- Qualité des données.
- Mise à jour des scenarios.
- Horizon de projection et hypothèses de bilan statique ou dynamique
- Diversification du risque et contagion du risque avec effet de second tour
Périmètre des stress tests :
- Risque de crédit.
- Risques de marché.
- Risque opérationnel.
- Risque de concentration.
- Risque résiduel des techniques d’atténuation du risque de crédit.
- IRRBB.
- Titrisation.
- Liquidité.
- Cas particulier des stress tests ESG.
- Autres risques.
Méthodologie de déploiement de stress tests
Utilisation des stress tests dans la banque
La gouvernance autour des stress tests
Dispositif organisationnel de mise en œuvre des stress tests
Utilisation des stress tests dans la politique de la banque.
Industrialisation de la production des stress tests.
Points de contrôle
Retour sur les faillites des banques américaines et Crédit suisse de 2023.
Cas pratique 10 – Stress test complet banque
Scénario macro :
- Récession.
- Hausse défauts
- Hausse spreads.
- Tensions de liquidité.
Travaux :
- Impact RWA.
- Impact CET1.
- Impact LCR.
Cas pratique 11 – Reverse stress test
Question clé : « Que doit-il se produire pour que la banque ne soit plus viable ? ».
Objectif : identifier les vulnérabilités structurelles.
8RAF : DISPOSITIF D’APPÉTIT AUX RISQUES
Définition.
La gouvernance et le rôle des acteurs
La construction du RAS et du RAF
Processus d’escalade en cas de dépassement des seuils
Les attentes du superviseur sur le RAF
Indicateurs et calibration des seuils de tolérance.
Intégration opérationnelle de L’ILAAP et l’ICAAP dans la gestion du dispositif d’appétit au risque.
Intégration de l’ESG dans le RAF.
Cas pratique 12 – Construction d’un RAF
Définir indicateurs.
Définir seuils.
Définir escalade.
Lier RAF ↔ ICAAP ↔ ILAAP.
9PLANS DE RÉTABLISSEMENT BANCAIRES
Principes généraux.
Contenu du plan.
Analyse stratégique.
Objectifs de la liste d’indicateurs du PPR.
Liste d’indicateurs obligatoires du PPR.
Liste indicative d’indicateurs supplémentaires du PPR.
Modalités de Calibrage des indicateurs.
Modalités de mise à jour des seuils des indicateurs des PPR.
Suivi des indicateurs des PPR.
Exemple de seuils d’alertes d’indicateurs de rétablissement.
Lien avec l’ICAAP, l’ILAAP et le RAF.
Rôle des reverse stress tests.
Options de redressement :
- Processus d’escalade.
- Orientations révisées sur la gestion des dépassements de seuils.
- Rôle des autorités de supervision.
Mise en œuvre opérationnelle.
Intégration de l’ESG dans le PPR.
Cas pratique 13 – Activation d’un PPR
Scénario :
- Forte perte.
- Dégradation notation.
- Tensions de liquidité.
Travail :
- Activer indicateurs.
- Choisir les options de redressement.
- Simuler gouvernance de crise.
10SYNTHÈSE ET CONCLUSION
Les erreurs fréquentes observées par les superviseurs :
- ICAAP trop quantitatif.
- RAF décoratif.
- Stress tests non utilisés.
- PPR jamais activable.
- Indicateurs mal calibrés.
Synthèse des 4 journées
Évaluation de la formation.
Public et pré-requis
Participants
- Comptables (reporting financier, prudentiel et réglementaire), chargés de communication financière, contrôleurs (middle et back offices), contrôleurs de gestion, gestionnaires des risques (risk management), inspecteurs, auditeurs internes, trésoriers.
- Responsables financiers, responsables des fonctions ALM et Risques, management.
- Commissaires aux Comptes et leurs collaborateurs.
Supports et moyens pédagogiques
- Documentation en PowerPoint.
- Alternance d’illustrations et d’exercices pratiques.
- QCU, Vrai/Faux, questions/réponses pour vérifier, réviser et confirmer les acquis.
- Synthèses.
Connaissances requises
Pour l’ensemble des cas pratiques, les participants seront supposés appartenir tous à une banque fictive pour laquelle on va tour à tour étudier les questions de fonds propres, liquidité, RAF, PPR ;
Il est souhaitable que les participants aient déjà quelques bases sur les notions de fonds propres et liquidité. Toutefois les trois premières parties vont reprendre tous les fondamentaux nécessaires pour la construction par la suite de l’ICAAP, l’ILAAP, RAF, PPR.
Dates
| Dates | Localisation / Modalité | Animateur(s) | |
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Du 18/05/2026 au 21/05/2026 |
Abidjan | Henri JACOB | S'inscrire |