Objectifs
- Comprendre pourquoi le risque géopolitique devient un risque bancaire transversal : crédit, marché, liquidité, souverain, opérationnel, stratégique.
- Identifier les principaux canaux de transmission vers le bilan bancaire, le CET1, le funding, les NPL, les Stage 2 et la rentabilité.
- Cartographier les expositions directes et indirectes : pays, secteurs, chaînes de valeur, souverains, NBFI, devises, collatéraux.
- Construire des scénarios géopolitiques et des reverse stress tests adaptés aux portefeuilles bancaires.
- Définir les bonnes pratiques de gouvernance, de mesure, de suivi et de pilotage du risque géopolitique.
Animateur(s)
Evelyne NGNOTUÉ
ngnotue@afges.com
- Comptabilité, contrôle de gestion et fiscalité.
- Gouvernance.
- Risk Management et règlementation Bâloise.
- Techniques d’audit et de contrôle interne bancaires.
- Risk Management et règlementation Solvency.
- Gestion d’actifs.
Programme
1COMPRENDRE LE NOUVEAU CONTEXTE GEOPOLITIQUE ET GEOECONOMIQUE
Le risque géopolitique, un risque externe ou macroéconomique abstrait mais aussi un facteur central de vulnérabilité bancaire :
- Nouvelle ère de compétition : confrontation géoéconomique, conflits, sanctions, droits de douane, fragmentation.
- Multiplication des risques interconnectés : inflation, dette, polarisation, désinformation, cyber, IA, environnement.
- Passage d’un monde coopératif à un monde plus fragmenté.
- Risque géopolitique comme multiplicateur de vulnérabilités.
Cas pratiques :
- Cartographier les risques d’un choc tarifaire entre deux blocs économiques.
- Identifier les effets bancaires d’un conflit régional prolongé.
- Classer les grands risques globaux identifiés par le World Economic Forum selon leurs impacts bancaires : crédit, marché, liquidité, opérationnel, stratégie,..
2IDENTIFIER LES CANAUX DE TRANSMISSION VERS LES BANQUES
Savoir traduire un événement géopolitique en impacts bancaires concrets :
- Canal macroéconomique : croissance, inflation, taux, confiance.
- Canal crédit : entreprises exposées aux chaînes de valeur, SME, CRE, secteurs sensibles.
- Canal souverain : hausse des dettes publiques, spreads, HQLA, valorisation obligataire.
- Canal liquidité/funding : volatilité, émissions de dette, tensions USD, dépôts.
- Canal marché : fair value, re-pricing, volatilité, asset bubbles.
- Canal opérationnel : cyber, DDoS, ransomware, fraude IA, prestataires critiques.
- Canal stratégique : réallocation vers énergie, défense, infrastructures, technologie.
Cas pratiques :
- Transformer un choc géopolitique en matrice d’impacts bancaires.
- Analyser l’effet d’une hausse des spreads souverains sur HQLA, P&L, OCI et capital.
- Étudier un choc cyber géopolitique affectant paiements, cloud et continuité d’activité.
3MESURER LES EXPOSITIONS DIRECTES ET INDIRECTES
Apprendre à dépasser la simple vision pays pour construire une cartographie robuste des vulnérabilités :
- Expositions directes : pays, contreparties, devises, souverains, NBFI, secteurs.
- Expositions indirectes : fournisseurs, clients finaux, chaînes logistiques, dépendance énergétique, dépendance au commerce international.
- Importance des secteurs : énergie, utilities, technologie, défense, infrastructures, immobilier, automobile.
- Risques NBFI : opacité, levier, liquidité, pays tiers, Cayman Islands, UK, US.
- Signaux précoces : Stage 2, SICR, overlays, flux NPL, LTV, coût du risque, concentrations.
- Paradoxe actuel : NPL bas mais Stage 2 élevés et vulnérabilités latentes.
Cas pratiques :
- Construire une cartographie d’exposition d’un portefeuille Corporate à un choc US / Chine / Moyen-Orient.
- Identifier les expositions indirectes d’une banque à travers les chaînes de valeur de ses clients.
- Analyser un portefeuille CRE/SME avec NPL bas mais Stage 2 élevés.
4CONSTRUIRE DES SCENARIOS ET REVERSE STRESS TESTS GEOPOLITIQUES
Savoir concevoir des scénarios géopolitiques exploitables et les traduire en impacts prudentiels :
- Différence entre stress test classique et reverse stress test.
- Logique du reverse stress test : partir d’un seuil de rupture, par exemple forte baisse du CET1, puis identifier les scénarios plausibles qui y conduisent.
- Construction d’un vecteur de scénario : facteur géopolitique avec variables macro-financières.
- Transmission vers PD, LGD, pertes de portefeuille, RWA, CET1, liquidité et funding.
- Notion de scénario le plus plausible conduisant à une contrainte de capital.
- Analyse des scénarios proches : alternatives plausibles, sensibilité, gouvernance.
- Compatibilité avec modèles IRB, analyses sectorielles et exposition par exposition.
Cas pratiques :
- Concevoir un reverse stress test : “Quel choc géopolitique ferait perdre 300 bps de CET1 ?”
- Traduire un choc tarifaire en hausse de PD/LGD par secteur.
- Construire trois scénarios : crise souveraine européenne, choc USD, rupture de chaîne d’approvisionnement.
5GOUVERNANCE, PILOTAGE ET BONNES PRATIQUES DE GESTION
Définir un cadre opérationnel de gestion du risque géopolitique intégrant gouvernance, données, limites, reporting et décisions stratégiques.
- Formaliser une gouvernance dédiée : risques, finance, ALM, crédit, marché, conformité, cyber, métiers, direction générale.
- Intégrer le risque géopolitique dans RAF, ICAAP/ILAAP, stress tests, plan de continuité et gestion de crise.
- Mettre en place des indicateurs d’alerte : spreads souverains, Stage 2, flux NPL, tensions funding, volatilité, CDS, concentration NBFI.
- Renforcer due diligence et surveillance sectorielle.
- Définir des limites : pays, secteurs, souverains, devises, NBFI, expositions hors bilan.
- Préparer les management actions : réduction d’exposition, hedging, collatéral, liquidité, diversification, pricing.
- Transformer la veille géopolitique en décisions de gestion.
Cas pratiques :
- Construire un tableau de bord de pilotage du risque géopolitique.
- Définir un comité de crise face à un choc géopolitique.
- Proposer un plan d’action pour une banque très exposée aux souverains, aux NBFI et aux secteurs sensibles.
Public et pré-requis
Participants
- Contrôleurs de gestion. Responsables financiers et communication financière.
- Gestionnaires des risques et ALM. Contrôleurs et auditeurs internes.
- Collaborateurs de Middle, Front et Back-office.
- MOA et gestionnaires de projet.
- Commissaires aux comptes, experts-comptables, leurs collaborateurs.
Supports et moyens pédagogiques
- Documentation PowerPoint.
- Alternance d’illustrations et d’exercices pratiques.
- QCU, Vrai/Faux, questions/réponses pour vérifier, réviser et confirmer les acquis.
- Synthèses.
Connaissances requises
- Connaissance générale des risques bancaires.
Dates
| Dates | Localisation / Modalité | Animateur(s) | |
|---|---|---|---|
| 19/05/2027 | Paris | Evelyne NGNOTUÉ | S'inscrire |
| 19/05/2027 | Distanciel | Evelyne NGNOTUÉ | S'inscrire |
| 14/09/2027 | Paris | Evelyne NGNOTUÉ | S'inscrire |
| 14/09/2027 | Distanciel | Evelyne NGNOTUÉ | S'inscrire |
| 13/12/2027 | Paris | Evelyne NGNOTUÉ | S'inscrire |
| 13/12/2027 | Distanciel | Evelyne NGNOTUÉ | S'inscrire |