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Ce que les fintechs apportent au secteur financier…

Les fintechs sont des entreprises qui s’appuient sur des technologies avancées telles que l’intelligence artificielle (IA), le big data ou la blockchain ; ces entreprises bouleversent depuis plusieurs années le paysage financier traditionnel, renforçant les enjeux concurrentiels et poussant tout le secteur financie à innover ou à acquérir ces acteurs innovants. Par exemple en 2017, BNP Paribas a acquis la néo-banque Compte-Nickel, élargissant ainsi son offre digitale.

En offrant des services innovants, rapides et parfois moins coûteux, elles ont su trouver leur clientèle, celle-ci ne reniant pas forcément les acteurs traditionnels dans une démarche opportuniste vis à vis de l’offre.

Les fintechs remettent en question le positionnement historique des banques et des compagnies d’assurance. Focus en quelques lignes sur cette révolution…

 

1.   L’ÉCOSYSTÈME FINTECH : UNE RÉVOLUTION FINANCIÈRE ?

  • Définition et périmètre

Les fintechs (contraction de “finance” et “technologie”) désignent les entreprises qui utilisent les technologies numériques pour réinventer ou optimiser les services financiers. Leur essor représente une transformation significative du paysage financier traditionnel, avec des modèles d’affaires centrés sur l’expérience client, l’agilité et l’innovation.

  • Principales segmentations du marché des fintechs

L’écosystème fintech peut être segmenté en plusieurs catégories :

  • Paiements et transferts : Solutions facilitant les transactions (Stripe, Wise).
  • Gestion de patrimoine et investissement : Robo-advisors et plateformes d’investissement (Yomoni, Trade Republic).
  • Prêts et financement : Plateformes de crédit et de financement participatif (October, KissKissBankBank).
  • Assurtech : Innovation dans les produits d’assurance (Lemonade, Alan).
  • Regtech : Solutions pour la conformité réglementaire (Apiax, Kyriba).
  • Infrastructure financière : Services B2B soutenant l’industrie financière (Tink, Plaid).
  • Néobanques : banques 100% numériques (N26, Revolut).
  • Différence entre néobanques et fintechs

Les néobanques constituent une sous-catégorie spécifique de l’écosystème fintech, mais présentent des caractéristiques distinctives :

  • Offrent des services bancaires complets.
  • Se concentrent généralement sur un service spécifique.
  • Nécessitent souvent un agrément bancaire (ou partenariat avec une banque agréée).
  • Opèrent avec des licences plus spécifiques (établissement de paiement, de monnaie électronique…)
  • Proposent des comptes courants et des moyens de paiement.
  • Peuvent offrir des services sans compte bancaire sous-jacent.
  • Visent à remplacer la relation bancaire traditionnelle.
  • Complètent souvent l’offre bancaire existante.

Certaines néobanques possèdent leur propre licence bancaire (Revolut Bank, N26), tandis que d’autres opèrent via un partenariat avec une banque agréée (Lydia, Nickel), ce qui a des implications importantes en termes de supervision et de gestion des risques.

 

2.   Quels sont les MODÈLES D’AFFAIRES ET les STRATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT ?

  • Un modèle qui repose sur des revenus diversifiés

Les fintechs ont développé différents modèles économiques :

Freemium : services de base gratuits avec options premium payantes.

  • Commission sur transaction : Prélèvement d’un pourcentage sur chaque opération.
  • Abonnement : Facturation périodique pour l’accès aux services.
  • Monétisation des données : Valorisation (dans le respect du RGPD) des données d’utilisation.
  • Modèle B2B2C : Services fournis à d’autres entreprises qui les intègrent dans leur offre client.
  • Des stratégies d’expansion et d’évolution

Revolut est une bonne illustration de cette stratégie d’expansion : en 2025, elle a annoncé l’ouverture de sa banque en France ; ses clients pouvant alors bénéficier de comptes de dépôt protégés et à l’accès aux produits financiers du groupe.

L’écosystème fintech suit plusieurs trajectoires d’évolution :

  • Spécialisation puis diversification : De nombreuses fintechs débutent avec un produit spécifique avant d’élargir progressivement leur offre.
  • Internationalisation rapide : Expansion géographique facilitée par la nature numérique des services.
  • Consolidation : Fusion et acquisition entre acteurs complémentaires.
  • Collaboration avec l’industrie traditionnelle : Partenariats banques-fintechs (Banking-as-a-Service).
  • Intégration verticale : Développement de solutions couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur.

 

3.   quels sont les ENJEUX ET DÉFIS RÉGLEMENTAIRES ?

  • La nécessité de cartographie des risques spécifiques aux enjeux

Les fintechs présentent des profils de risque particuliers qui nécessitent une vigilance adaptée :

  • Risques opérationnels :
    • Fraude[1] notamment documentaire.
    • Cybersécurité : vulnérabilité accrue due à l’infrastructure entièrement numérique.
    • Continuité d’activité : dépendance aux fournisseurs de services cloud et tiers technologiques.
    • Évolutivité des systèmes : capacité à maintenir la performance face à une croissance rapide.
  • Risques de conformité :
    • Réglementations multiples : nécessité de se conformer à différents cadres selon les services offerts et les zones géographiques.
    • LCB-FT : défis dans l’identification des clients et la surveillance des transactions dans un environnement 100% numérique.
    • Protection des données : enjeux majeurs autour du RGPD et de la confidentialité.
  • Risques financiers :
    • Modèles de revenus non éprouvés : Incertitude sur la viabilité à long terme de certains modèles.
    • Dépendance au capital-risque : vulnérabilité aux cycles de financement.
    • Liquidité : gestion de la trésorerie dans un contexte de croissance rapide.
  • Risques de gouvernance :
    • Structure organisationnelle : souvent moins formalisée que dans les établissements traditionnels.
    • Culture du risque : tension entre innovation rapide et contrôle prudentiel.
    • Transparence : communication des risques aux parties prenantes.
  • Un cadre réglementaire qui s’adapte à ses évolutions.

Le cadre réglementaire s’adapte progressivement à l’émergence des fintechs :

  • Approche proportionnée : application du principe de proportionnalité selon la taille et les risques.
  • Régimes spécifiques : création de statuts adaptés (établissement de paiement, établissement de monnaie électronique).
  • Sandbox réglementaires : environnements contrôlés pour tester les innovations sous supervision.
  • Réglementation européenne : DSP2[2], RGPD, MICA pour les cryptoactifs, DORA pour la résilience opérationnelle.

 

4.   ET quelles sont les prochaines étapes dans ce paysage ?

  • Vers une convergence et la spécialisation

L’écosystème fintech évolue selon deux mouvements parallèles :

  • Convergence : les néobanques élargissent leur gamme de services tandis que les banques traditionnelles digitalisent leur offre.
  • Spécialisation : Émergence de fintechs ultra-spécialisées sur des segments de marché ou technologies spécifiques (blockchain, intelligence artificielle).
  • Tendances émergentes

Plusieurs tendances structurantes façonnent l’avenir du secteur :

  • Finance embarquée (Embedded Finance) : Intégration de services financiers dans des parcours non-financiers.
  • Open Banking et Open Finance : Partage sécurisé des données financières entre acteurs.
  • ESG et finance durable : Développement de solutions axées sur l’impact environnemental et social.
  • Technologie de registre distribué : Applications blockchain au-delà des cryptoactifs.
  • Super-apps financières : Plateformes tout-en-un combinant multiples services financiers.

 

5.   VERS UN NOUVEL ÉQUILIBRE au sein du secteur financier

L’écosystème fintech continue de redéfinir le paysage des services financiers, créant à la fois des opportunités et des défis pour les banques traditionnelles (peut-on d’ailleurs encore parler de banques traditionnelles tellement elles évoluent également ?).

Pour les régulateurs et superviseurs, l’enjeu majeur reste de trouver l’équilibre entre développement de l’innovation et maîtrise des risques notamment systémiques.

Les établissements financiers traditionnels et les fintechs semblent converger vers un modèle hybride où la technologie est au service d’une expérience client améliorée, tout en maintenant la solidité financière et la conformité réglementaire. Cette hybridation représente probablement l’avenir d’un secteur financier plus inclusif, efficient et centré sur l’utilisateur.

Dans ce contexte évolutif, la compréhension fine des modèles d’affaires, des risques associés et du cadre réglementaire applicable reste essentielle pour tous les acteurs de l’écosystème, qu’ils soient fintechs, établissements traditionnels, investisseurs ou régulateurs.

[1] 2020 : la fintech allemande Wirecard a été impliqué dans une fraude comptable massive qui a illustré la nécessité de renforcer la supervision et le cadre de contrôle interne.

[2] Directive sur les Services de Paiement 2 (DSP2), qui vise à renforcer la sécurité des paiements en ligne et à protéger les consommateurs.

 

Les formations AFGES : un pas d’avance sur la réglementation et  des programmes dédiés au secteur de la FINTECH sur les thèmes tels que :

  • Le panorama des principaux enjeux de conformité.
  • La LCB-FT.
  • La protection de la clientèle.
  • La gestion de la fraude (dont la fraude documentaire).

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Pour toute question : contact@afges.com  – tél. 01  70 61 48 60

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